Le Corbusier au Centre Pompidou, mobilier©catherinevernet

Exposition Le Corbusier au Centre Pompidou

Le parcours de cette exposition s’organise autour de divers supports —dessins d’architecture, maquettes, peintures, sculptures, livres, meubles, films, photographies —illustrant la production foisonnante de l’architecte. Au cœur de son œuvre, l’architecte réfléchit sur une mesure essentielle et universelle, celle du corps humain, qui est manifeste dans le travail de l’urbaniste, de l’architecte et du créateur de meubles. La visite se déroule à travers plusieurs salles qui fragmentent l’exposition en autant de thèmes.

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Rythmes et motifs

Le Corbusier au Centre Pompidou, motifs décoratifs, 1911©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, motifs décoratifs, 1911©catherinevernet

Né à La Chaux-de-Fonds (CH) , Charles Edouard Jeanneret étudie à l’école d’art de cette ville industrielle du Jura et passe des journées entières à dessiner sur le motif.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Sienne, intérieur de la cathédrale, 1907©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Sienne, intérieur de la cathédrale, 1907©catherinevernet

Il s’oriente finalement vers l’architecture et, dès 1907, voyage en Italie, en France, en Allemagne, en Autriche et travaille chez Joseph Hoffman, Auguste Perret et Peter Behrens.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Athènes, vue de l'Acropole, 1911 ©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Athènes, vue de l’Acropole, 1911 ©catherinevernet

En 1911, au cours de son « voyage d’Orient », il est frappé par la perfection du Parthénon, référence majeure dont on perçoit l’influence sur son travail plastique et architectural.

Purisme

Le Corbusier au Centre Pompidou, La cheminée, 1918©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, La cheminée, 1918©catherinevernet

En 1911, le peintre Amédée Ozenfant (1886-1966) et Charles Edouard Jeanneret publient Après le cubisme, le manifeste du mouvement puriste qu’ils créent ensemble et dans lequel ils prônent un esprit industriel, mécanique et scientifique.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Guitare verticale,(1ère version), 1920 ©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Guitare verticale,(1ère version), 1920 ©catherinevernet

Les peintures mettent en scène des objets du quotidien, banals et schématisés, souvent réduits à l’expression de leur volume, dans des camaïeux de beiges et de gris, appelés par les deux peintres des « objets-thèmes ».

Cette géométrisation a pour but de simplifier les formes et d’améliorer la lisibilité de l’oeuvre. La recherche est axée sur la composition et les couleurs, et les tableaux se suivent et se ressemblent, seule la relation entre les différents objets représentés est importante.

L’esprit nouveau

Ozenfant et Le Corbusier fondent ensemble la revue L’Esprit nouveau, revue internationale d’esthétique, dont 28 numéros seront publiés entre 1920 et 1925.

Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l'esprit nouveau, 1924©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l’esprit nouveau, 1924©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l'esprit nouveau, 1925©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l’esprit nouveau, 1925©catherinevernet

À l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925, il rassemble ses réflexions sur l’habitat dans son pavillon de l’esprit nouveau, prototype d’un appartement de l’immeuble-villa destiné à s’insérer dans un ensemble urbain à taille humaine.

Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l'esprit nouveau, salon, 1925©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, pavillon de l’esprit nouveau, salon, 1925©catherinevernet

Ci-dessous, une axonométrie d’un Immeuble-Villas, 1922, à l’encre noire et crayon noir sur calque.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Le corbusier et Pierre Jeanneret, Immeubles villas, 1922axonométrie©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Le corbusier et Pierre Jeanneret, Immeubles villas, 1922,axonométrie©catherinevernet

Espaces privés

Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Laroche-Jeanneret©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Laroche-Jeanneret©catherinevernet

« Je vous avais commandé un cadre pour ma collection. Vous me fournissez un poème en murs« . Raoul La Roche dans une lettre adressée à l’architecte et datée du 24 mai 1926

Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Loi Ribot, 1923©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Loi Ribot, 1923©catherinevernet

Les villas construites par Le Corbusier et Pierre Jeanneret dans les années 20 constituent un laboratoire pour l’élaboration du vocabulaire architectural corbuséen et contribuent à asseoir la réputation des deux architectes, cousins et associés.

Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Citrohan, 1920-1922 ©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Citrohan, 1920-1922 ©catherinevernet

Commandées par des artistes, des collectionneurs, des proches de la famille Jeanneret, ces maisons concrétisent les « cinq points de l’architecture nouvelle » énoncés en 1927 : pilotis, toits-jardins, plan libre, fenêtre en longueur, façade libre.

Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Besnus©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, maison Besnus©catherinevernet

Figurations des corps

 

Le Corbusier au Centre Pompidou, la chute de Barcelone©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, la chute de Barcelone©catherinevernet

À partir des années 1930, la figure humaine prend place dans le travail pictural de l’architecte.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Le Corbusier, Joseph Savina, Femme, 1953©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Le Corbusier, Joseph Savina, Femme, 1953©catherinevernet

Aux précédents objets puristes sont juxtaposés des corps ou certaines de leur parties (des mains, des pieds, des oreilles), puis la période dite « des femmes » voit la figure, essentiellement féminine, devenir le motif principal de ses toiles. Les couleurs ont évolué depuis les oeuvres puristes, qui faisaient appel à des couleurs plus sourdes.

Le Corbusier au Centre Pompidou, femme au guéridon et au fer à cheval, 1928 ©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, femme au guéridon et au fer à cheval, 1928 ©catherinevernet

L’équipement de la maison

 

Le Corbusier au Centre Pompidou©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou©catherinevernet

Le Corbusier est à la recherche de solutions types, sobres et standard pour le mobilier. En cela, il suit parfaitement les traces d’Alfred Loos et son rejet de l’ornementation.

Le Corbusier au Centre Pompidou, mobilier©catherinevernet C’est dans les années 20 qu’il s’adonne le plus intensément à la création de meubles. Cette purification formelle a donné lieu au mobilier tubulaire que l’on connaît. A partir de 1927, Charlotte Perriand rejoint le duo Le Corbusier-Pierre Jeanneret. Ensemble ils produisent les pièces qui deviendront des références, comme la chaise longue par exemple. Ces modèles se veulent universels, ergonomiques  s’adaptant au corps et aux différentes manières de s’asseoir.

Le Modulor

« C’est un langage des proportions qui rend compliqué le mal et simple le bien. » Albert Einstein, à propos du Modulor.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Le Modulor©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Le Modulor©catherinevernet

En 1943, Le Corbusier crée l’Ascoral (assemblée des constructeurs pour une rénovation architecturale) et mène des recherches sur les nouvelles normes constructives qui aboutissent notamment au Modulor, système de mesure à la taille de l’homme moyen : 183 cm ou 226 cm le bras levé. Le Modulor est présenté comme une évidence philosophique, mathématique et historique.

Le Corbusier au Centre Pompidou©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou©catherinevernet

La grille de mise en place autour de ce corps standard se compose de carrés, de rectangle d’or, et reprend le processus d’accroissement naturel incarné par la suite de Fibonacci, dans laquelle chaque terme est la somme des deux précédents. Le modulor est également une figure poétique, dessinée ou inscrite au tampon sur les calques de travail, peinte ou sculptée sur les murs des bâtiments.

L’unité d’habitation

La maison a deux fins. C’est d’abord une machine à habiter, c’est-à-dire une machine destinée à nous fournir une aide efficace pour la rapidité et l’exactitude dans le travail, une machine diligente et prévenante pour satisfaire aux exigences du corps : confort. Mais c’est ensuite le lieu utile pour la méditation, et enfin le lieu où la beauté existe et apporte à l’esprit le calme qui lui est indispensable. Le Corbusier, Almanach d’architecture moderne, 1926.

Le Corbusier au Centre Pompidou, Gratte-ciel cartésien, 1937©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Gratte-ciel cartésien, 1937©catherinevernet

Inspirée par l’idéal monastique de la Chartreuse de Galluzzo (Italie) ou le paquebot, modèle de technicité  et de vie en communauté, « l’unité d’habitation de grandeur conforme  » est l’aboutissement des recherches de Le Corbusier sur la cellule. Économique, « l’unité » compte un maximum de logements pour une faible surface au sol.

La période acoustique

Le Corbusier au Centre Pompidou, Totem, 1944©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou, Totem, 1944©catherinevernet

Dans les années quarante, la peinture de l’architecte entre dans sa période dite « acoustique ».

Le Corbusier au Centre Pompidou,Le Corbusier et Joseph Savina, Totem, 1950 ©catherinevernet
Le Corbusier au Centre Pompidou,Le Corbusier et Joseph Savina, Totem, 1950 ©catherinevernet

Des toiles mettent en scène des personnages ressemblant à de grandes oreilles. La peinture sonne, l’oeuvre résonne. De sa rencontre avec l’ébéniste et sculpteur breton Joseph Savina naît une série de sculptures inspirées par les sujets peints.

L’exposition présente encore maquettes et dessins pour les édifices religieux du Corbusier : la Chapelle Notre-Dame en Haut à Ronchamp ou le couvent Sainte-Marie de la Tourette à Évreux sur l’Arbresle, ou encore pour la Haute-Cour à Chandigahr.

Il y a une cinquantaine d’années s’éteignait Le Corbusier qui a vécu ses derniers jours dans un coin de nature entre mer et montagne dans un cabanon construit selon les mesures du Modulor, où il expérimentait, nu, les principes de la cellule spartiate et minimaliste.

 

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