icônes américaines au Grand Palais, Andy Wahrol, Jackie Triptych, 1964©catherinevernet

Icônes américaines au Grand Palais

Petite exposition, mais toiles et sculptures de maîtres pour les icônes américaines au Grand Palais. L’exposition présente une sélection issue du fonds du San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA) et de l’extraordinaire collection d’art contemporain réunie par Doris et Donald Fisher (les fondateurs des magasins Gap), représentative de la production de 14 artistes américains parmi les plus éminents du XXème siècle.

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Alexandre Calder ( 1898-1976)

icônes américaines au Grand Palais,Alexandre Calder, Constellation, 1943 ©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Alexandre Calder, Constellation, 1943 ©catherinevernet

L’exposition prend pour départ l’œuvre d’Alexandre Calder  qui a révolutionné l’art du début des années 30 en introduisant le mouvement dans des compositions sculpturales restées jusque là statiques.

icônes américaines au Grand Palais, Calder, Untitled, vers 1940©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Alexandre Calder, Untitled, vers 1940 ©catherinevernet

Doté d’une formation d’ingénieur, Calder combine une intelligence technique avec des dons artistiques, ce qui va lui permetre d’utiliser les lois de la physique pour régler, dans ses compositions abstraites, des problèmes d’équilibre ou de dynamique. Dans le choix des années 40-50, on découvre des constructions ludiques, connues génériquement sous le nom de Constellations et de Tours, mobiles muraux, suspendus ou posés au sol.

Ellsworth Kelly (1923-)

icônes américaines au Grand Palais,Ellsworth Kelly,  ©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Ellsworth Kelly, ©catherinevernet

Ellsworth Kelly a élaboré son approche de la peinture lors de son séjour en France entre 1948 et 1954. Considéré comme minimaliste, il incarne les débuts de l’abstraction avant et immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, par son exploration inventive de la forme et de la couleur. Coloriste exceptionnel, Kelly se distingue par une palette chromatique plus claire que ses contemporains. L’oeuvre ci-dessus travaille sur le rythme, la composition, la géométrie et l’on y voit l’in-
fluence de la pratique du collage, dans la fragmentation en carré et ligne.

icônes américaines au Grand Palais, Ellsworth Kelly, Red White (1962)©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Ellsworth Kelly, Red White (1962)©catherinevernet

Son oeuvre Red White (1962) illustre son sens des proportions en proposant une abstraction soigneusement calibrée qui questionne la relation entre la figure et le fond.

Cy Tombly (1928-2011)

icônes américaines au Grand Palais, untitled(Bacchus 1st version IV), 2004©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, untitled(Bacchus 1st version IV), 2004©catherinevernet

Très tôt au début de sa carrière, Cy Tombly s’est détourné de l’abstraction pure pour créer des oeuvres personnelles qui font appel à l’intensité émotionnelle et à une touche dramatique. Immergé dans la littérature, la poésie et la mythologie antique, Twombly a élaboré un alphabet de touches frénétiques, de dessins griffonnés, de gribouillages, de coulures en tous sens qui bousculent les frontières entre écriture, peinture, dessin. L’oeuvre ci-contre, de par sa couleur, ses débordements, son énergie et sa violence exalte les propriétés du dieu antique de la boisson et du plaisir : Untitled (Bacchus 1st version IV).

icônes américaines au Grand Palais, Cy Twombly, Second voyage to Italy (Second Version), 1962©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Cy Twombly, Second voyage to Italy (Second Version), 1962©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais,  Cy Twombly, Second voyage to Italy (Second Version), 1962, détail©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Cy Twombly, Second voyage to Italy (Second Version), 1962, détail©catherinevernet

La suivante, Second Voyage to Italy (Second Version), 1962, emploie la peinture glycérophtalique, le crayon gras et le graphite pour exprimer de manière décomposée et fragmentée un univers de sensations et de souvenirs plus ou moins colorés ou épais qui semblent mimer la chute et le tourbillon des instants de l’écheveau de la mémoire en envahissant progressivement la toile.

Philip Guston (1913-1980)

icônes américaines au Grand Palais, Evidence, 1970,©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Evidence, 1970,©catherinevernet

Peintre expressionniste abstrait des années cinquante, Philip Guston crée des oeuvres empreintes de lyrisme et de formes grossièrement accumulées sur la toile, comme une colère interne et contenue, empaquetée dans une composition ramassée et à peine décentrée, dans la tendresse des couleurs allant du blanc au rouge en passant par une très fine variation de roses, d’ou émergent ça et là du vert et de l’orange et quelques éléments disséminés. A mi-chemin entre l’abstraction et la figuration (on y reconnaît des semelles de chaussures,une main armée et du bois cloué entre autres), sa peinture accumule ses contradictions. L’artiste rattache ses conflits intérieurs concernant la peinture à son besoin de s’engager dans le monde à travers son oeuvre. Il explique : »Je me sentais partagé, schizophrène. La guerre, ce qui arrivait à l’Amérique, la brutalité du monde. Quelle sorte d’homme suis-je, assis chez moi à lire des magazines, me mettant en fureur à propos de tout, frustré, puis allant dans mon atelier pour ajuster un rouge par rapport à un bleu. »

Richard Diebenkorn (1922-1993)

 

icônes amériacaines au Grand Palais, Richard Diebenkorn, Ocean Park #54©catherinevernet
icônes amériacaines au Grand Palais, Richard Diebenkorn, Ocean Park #54©catherinevernet

Célèbre comme peintre figuratif, Richard Diebenkorn est également connu pour ses toiles abstraites qui ont pour titre les noms de villes ou de quartiers dans lesquels elles ont été peintes. L’artiste livre ici son expérience personnelle et forcément toujours changeante, ce que l’on voit à travers ses repentirs — altérations, états antérieurs. Entre 1953 et 1956, Diebenkorn exécute près de soixante toiles  abstraites portant le nom de Berkeley. Surfaces faites de strates multiples, dessin sous-jacent.

Brice Marden (1936-)

icônes américaines au Grand Palais, Brice Marden,  6 (Course), 1987-1988©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Brice Marden, 6 (Course), 1987-1988©catherinevernet

Les trois toiles exposées illustrent le travail de Brice Marden depuis les années 1980. Elles ont été exécutées en appliquant la peinture à distance à l’aide de longs pinceaux, puis en essuyant la peinture. Influencé par la calligraphie chinoise, l’artiste dessine à traits coupés une chorégraphie à moitié visible. On entrevoit en effet des traits « annulés » : recouverts de peinture claire, ils deviennent ce que Brice Marden appelle des « figures fantômes ».

Roy Lichtenstein ( 1923-1997)

icônes américaines au Grand Palais, Lichtenstein, Figures with Sunset, (1978).©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Lichtenstein, Figures with Sunset, (1978).©catherinevernet

Inspirées par la bande dessinée, les peintures de Lichtenstein sont devenues emblématiques du pop art. L’artiste emprunte son style à la littérature populaire, utilise la trame Benday et enrichit sa palette du rouge, jaune, noir et bleu de la quadrichromie des illustrations commerciales. Dans Figures with Sunset (1978), série inspirée par le surréalisme, Lichtenstein combine une imagerie issue de Salvador Dali, de Pablo Picasso, ou même de Fernand Léger, avec des motifs qu’il a créés au fur et à mesure de ses œuvres.

Donald Judd (1928-1994)

 

icônes américaines au Grand Palais, Donald Jude, Empilement©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Donald Jude, Empilement©catherinevernet

Entre le début des années 1960 et 1990, Donald Judd créé les principes d’un art géométrique abstrait radicalement nouveau. Considéré comme le praticien du minimalisme, il estime quant à lui n’appartenir à aucune école. Son art supprime radicalement toute signification, ainsi que toute trace de la main de l’artiste; il est en cela rigoureusement minimaliste, puisque ce terme signifiait au début de son histoire : avec une intervention minimale de la main humaine. Ces « empilements » se composent de dix unités, de taille identique, placées à la même distance les unes des autres et donnent une impression compacte et répétitive, comme un rythme primitif.

Andy Warhol (1928-1987)

Connu pour avoir créé des images de célébrités issues du show business, tels Marylin, Elisabeth Taylor ou Marlon Brando entre autres, Andy Warhol appliquera son expérience dans le monde de la publicité pour enrichir sa pratique des beaux-arts en utilisant des méthodes de travail et des stratégies issues du monde de la publicité: ainsi la sérigraphie, qui est une méthode de reproduction mécanique. Il crée ainsi des images multiples de célébrités pour en manifester le caractères insaisissable., comme en atteste par exemple Jackie Triptych. La collection comporte également des oeuvres moins connues, tels que les portraits de criminels.

icônes américaines au Grand Palais, Andy Wahrol, Jackie Triptych, 1964©catherinevernet
icônes américaines au Grand Palais, Andy Wahrol, Jackie Triptych, 1964©catherinevernet

Le visiteur pourra voir — outre d’autres œuvres des artistes cités —  des créations de Sol LeWitt, Carl André, Chuck Close, Dan Flavin, Agnes Martin.

Au Musée du Grand Palais, Paris.
8 avril-22 juin.

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