Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, Paris

Pionnier du happening et compagnon du Pop Art, grand expérimentateur de techniques, l’artiste américain Jim Dine a choisi Paris et la galerie Daniel Templon pour fêter ses 80 ans avec une installation inédite : City of Glass, exposition qui dévoile le travail de deux ans et demi.

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Accumulation

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com

Les sculptures de Jim Dine consistent en une  accumulation, a priori chaotique, exposée sur un support qui s’apparente à une table ou un établi. Ces amoncellements  représentent des « villes de verre », qui érigent leur couleurs, leurs matières et leur formes pour créer  un entassement urbain, transformant le socle-établi en un lieu à mi-chemin entre l’atelier d’artiste, le cabinet secret de l’alchimiste et l’installation architecturale.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Les marteaux se tordent tandis que les cordes s’érigent, les droites se font organiques et les courbes se font rectilignes, inversions des propriétés des matières et trompe-l’oeil arrêtent le regard du spectateur qui se laisse emporter dans un feu d’artifice de couleurs.

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Outils

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Métaphores  de la création de l’artiste ou du travail de l’artisan, ces outils renversent les codes de ce qu’est une œuvre en exposant en quelque sorte les moyens de sa réalisation qui deviennent œuvre et résultat à part entière. On peut penser au nouveau réalisme ou au dadaïsme — et l’on sait que Jim Dine fut l’ami de Rauschenberg et de Kaprow, qui interrogeaient la distinction entre objets de la vie quotidienne et objets d’art, et de fait, entre vie quotidienne et art — mais on se détache cependant de cette filiation puisque les « objets  » de Jim Dine sont tout de même choisis intentionnellement, comme manifestes du processus créatif lui-même.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Par ailleurs, seuls quelques outils ont été récupérés tels quels, les autres ont été façonnés par Jim Dine lui-même. Il me semble que souvent les outils que j’inclus dans la plupart de mes pièces constituent un système de soutien. Ils ont été un soutien moral — un appui et un porte -parole quand j’avais besoin d’une métaphore pour exprimer ce que je voulais vraiment dire. Mais ce ne sont pas des métaphore littéraires. Elles sont faites à la main et viennent de la main.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Verre

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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City of Glass réunit un ensemble d’œuvres associant verre, bronze, peinture et outils. Pour la première fois, l’artiste utilise le verre, soufflé, afin de « sculpter » la lumière. Bulles en semi transparence, tortillons colorés, vases déformés ponctuent l’assemblage d’outils  et forment un contraste par leur légèreté diaphane avec la rudesse et l’opacité du métal peint.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Jim Dine explique : Tout ce que j’ai fait, tout ce que je continue à faire, a seulement à voir avec le feu. J’ai passé les soixante dernières années à entretenir la flamme pour être sûr qu’elle ne disparaisse pas.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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 Couleurs

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Mais son œuvre est également un hymne à la couleur. Explosion de couleurs vives et primaires, mais aussi de couleurs tranchées et acidulées, dans une finition mate ou brillante, qui dépasse les objets pour se fondre sur le socle-établi, qui devient une palette d’atelier. Les teintes débordent des outils et composent un tableau supplémentaire sur la sculpture, comme autant de fulgurances chromatiques.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com

Peintures

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com

Une série de peintures complètent les sculptures. Elle mettent en scène des outils disposés les uns à côté des autres et se fondant dans les profondeurs du papier.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Personnage récurrent de l’oeuvre de Jim Dine, Pinocchio apparaît ici et là. L’idée d’une création artistique involontaire, incarnée par Gepetto, guide sa réflexion. Une douzaine de sculptures monumentales de bois peint réalisées en 2006-2007 avaient déjà été exposées par la galerie Templon. Les outils chers à Jim Dine trouvent leur origine autant dans l’atelier d’ébéniste du créateur de la marionnette que dans la quincaillerie de son grand père où il passa du temps.

Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, ©catherinevernet-interieurites.com
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Biographie

Né en à Cincinnati dans l’Ohio, il obtient un Bachelor of Fine Arts à l’université de l’Ohio en 1957. Dans les années 1959-1960, Dine est l’un des pionniers des happenings qu’il réalise avec les artistes Claes Oldenburg, Allan Kaprow, et le musicien John Cage, dont le tout premier en date : The Smiling Worker, performance de 1959. Au début des années 1960, Dine réalise des œuvres s’inscrivant dans le courant pop art à partir de motifs courants (cœurs, crânes…) ou de symboles de la vie de tous les jours (bouteilles, récipients, outils…) montés en série et parfois d’objets réels qu’il insère dans ses œuvres. En 1967, il s’installe à Londres où il est exposé par Robert Fraser. Il rentre aux États-Unis en1971. C’est dans les années 1980 qu’il se consacre davantage à la sculpture. Actuellement il vit aux Etats-Unis aussi bien qu’à Paris et est exposé dans les plus grands musées internationaux.

A voir à :
Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris

Une réflexion sur “ Jim Dine, City of Glass, Galerie Daniel Templon, Paris ”

  1. Les assemblages d’outils offrent à la fois des couleurs de tableaux et des utilités inutilisables. Les unes et les autres se nourrissent en un va-et-vient de plaisir esthétique et de questionnement.

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