Joe Colombo,Tube Chair, 1969

Joe Colombo

Designer, peintre, architecte et auteur du fameux fauteuil Tube, Joe Colombo se passionne pour les systèmes modulaires, les matières innovantes et les formes novatrices, dessinant des modèles futuristes et techniquement très aboutis.

Joe Colombo sur la Elda-chair en 1963
Joe Colombo sur la Elda-chair en 1963, ©DR

Joe Colombo, né le 30 juillet 1930 à Milan, étudie la peinture jusqu’en 1949 à l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan, puis
l’architecture, jusqu’en 1954, à l’École polytechnique de Milan. Il adhère au début des années 1950 au « ffqd Nucleare » (mouvement de peinture nucléaire) fondé par Enrico Baj et Sergio D´Angelo. Il commence en 1951 à pratiquer l’art informel et expose avec Fontana, Munari, Baj et Matta. Il réalise quelques projets de décoration et de scénographie au cours de cette décennie.

joe colombo, acrilica 281, oluce,1962
joe colombo, acrilica 281, oluce,1962,©galeriekreo.fr

Sa carrière de designer commence vraiment en 1962 quand il ouvre son propre studio de design à Milan et qu’il  crée avec son frère, Gianni Colombo, la lampe de table Acrilica 281. Médaille d’or à la XIIIème Triennale de Milan en 1964, cette lampe élégante peut être considérée comme l’aboutissement des recherches de Colombo sur les propriétés thermoplastiques et optiques du PMMA (polyméthacrylate de méthyle). Facile à mouler en utilisant la chaleur et la pression, l’acrylique prend ici une forme en C qui montre la capacité de ce matériau à conduire la lumière même dans ses parties coudées. Cette lampe est éditée par O’Luce.

joe Colombo, Container , 1964
joe Colombo, Container , 1964,©christies.com

Les Containers, également primés à la 13ème triennale de Milan et édités en 1964, sont l’illlustration de la préoccupation persistante de Joe Colombo pour réduire la vie moderne en un module déplaçable et autosuffisant.

joe Colombo, combi Center, 1963
joe Colombo, combi Center, 1963,©christies.com

De forme parallélépipédique rectangle en noyer, cette armoire  — lorsqu’elle est dépliée — révèle  trois panneaux qui contiennent des tiroirs et des compartiments ouverts, étagères de rangements pour disques, porte-revues, tourne-disque rétractable, lampe ajustable, radio. Dans le même ordre d’idée, le Combi Center créé en 1963  propose un système modulaire de rangements à étages.

 

joe colombo, fauteuil Elda, 1963
joe colombo, fauteuil Elda, 1963, ©collectionofdesign.com

Conçu en 1963 et produit par Comfort deux ans plus tard, le fauteuil Elda, est considéré comme le premier grand fauteuil qui fait appel à un chassis autoporteur en fibre de verre. Actuellement réalisé en polyuréthane préformé, ce fauteuil est agrémenté de sept coussins en cuir  fixés par des crochets métalliques ; la coque surdimensionnée  pivote sur sa base à 360°.

Joe Colombo, fauteuil La Sella, 1963
Joe Colombo, fauteuil La Sella, 1963, ©centrepompidou.fr

Créé également en 1963, le fauteuil La Sella est composé d’une structure métallique et  d’une assise rembourrée recouverte de vachette.

Joe Colombo, fauteuil LEM, 1963
Joe Colombo, fauteuil LEM, 1963, ©drouot.com

Le fauteuil LEM (lunar exploration module), imaginé en 1964 et édité par Bieffeplast, tient son nom de sa ressemblance avec le véhicule utilisé lors de la première exploration de la lune. Au départ, ce modèle, alors appelé Supercomfort, possédait un chassis en contreplaqué qui fut remplacé par une ossature en acier. Le siège, le dossier et les accoudoirs sont en cuir rembourré.

joe colombo, fauteuil 4801, 1963-1964
joe colombo, fauteuil 4801, 1963-1964, ©centre pompidou.fr

Conçu en 1963, le Fauteuil 4801 résulte de l’imbrication de trois éléments en contreplaqué moulé laqué sans éléments de fixation. Attaché à l’unité de structure et de matériaux, Colombo voulait donner de la fluidité à ce siège qui annonce les futures créations en plastique du designer. Ce siège fait partie de la collection du Centre Pompidou à Paris.

En 1965, il crée la bibliothèque Continentale, éditée par les industries Carnovali, constituée d’une grille de plans perpendiculaires qui forme un système sphérique de casiers en alvéoles. Déclinée en plusieurs couleurs (rouge, blanc et brun) et  trois modèles : l’un à petits casiers, le deuxième en deux parties et le troisième à grands casiers.

 

joe Colombo, Lampadaire Bollé, 1964-65
joe Colombo, Lampadaire Bollé, 1964-65©made in design.com

Le concept des lampes de tables n 4008/5  et n 4024 est assez simple : un cylindre opalescent est recouvert d’un cache découpé de différentes façons qui laisse passer la lumière. Le cylindre interne  est en métachrylate opalescent et la gaine de protection rotative en Moplen. Le système de numérotation différencie d’une part la hauteur de la lampe et d’autre part la forme de la découpe. Un lampadaire (cf image) a été créé suivant le même principe.

joe colombo, lampe KD27 big, 1967, Kartell
joe colombo, lampe KD27 big, 1967, Kartell, ©kissthedesign.ch

La lampe KD 27, petit et grand modèle, a été éditée par Kartell en 1967. La base est en en ABS  avec un plateau et le globe en PMMA opalin. La petite version a l’originalité de s’empiler grâce à la cavité de son socle et de former ainsi une tour aux dimensions variables.

joe Colombo, KD27, petite, 1967
joe Colombo, KD27, petite, 1967, ©demainsansdoute.blogspot.fr

En 1967, Joe Colombo remporte un Compasso d’oro et un International Design Award pour le système Spider créé en 1965 pour O-Luce. La gamme repose sur un réflecteur émaillé unique, constitué d’une feuille de métal embouti et monté sur divers supports pour créer des lampes, des lampadaires, des suspensions et des lampes à pinces, répondant à divers besoins d’éclairage. Le système de fixation du réflecteur, novateur,  permet de l’orienter latéralement ainsi que de le bouger verticalement ou encore de le faire pivoter horizontalement. Cette lampe illustre parfaitement la recherche constante du designer sur le multifonctionnel et le dynamique.

joe Colombo, lampe Coupé,  1967
joe Colombo, lampe Coupé, 1967, ©drouot.com

Dans le même esprit et plus belle de forme, à notre avis, la série de lampes  Coupé, imaginée en 1967, utilise les mêmes socles et tiges, mais le réflecteur est plus important de taille, délicatement fendu en son milieu. Le système de joint permet également de modifier la hauteur du réflecteur et de le faire pivoter latéralement et horizontalement. En 1967, la série Coupé a remporté l’International Design Award de l’American institute of Interior Designers de Chicago. Le socle et l’abat-jour sont en métal émaillé, la tige en métal chromé et les accessoires en mélamine.

joe Colombo, chaises Universale, 1967
joe Colombo, chaises Universale, 1967, ©deco.journaldesfemmes.com

Première chaise pour adultes en plastique ABS moulée par injection, la chaise Universale, conçue au départ pour être fabriquée en aluminium, est démontable et empilable. Créée en 1965, elle fut éditée par Kartell. Elle succède à la chaise pour enfant de Zanuso et Sapper et précède la Panton du designer homonyme qui, quoique dessinée en 1959-60, ne fut réalisée qu’en 1968 mais est la première en un seul bloc.

Joe colombo, additional living, 1967
Joe colombo, additional living, 1967, ©architonic.com

Le très fonctionnel Additional Living System, créé en 1967 et édité en 1968 par Sormani, se compose d’une série de coussins de six tailles différentes, liés entre eux selon diverses combinaisons grâce à des agrafes en fonte d’aluminium.
Le chassis est en tube de fer et le rembourrage en mousse de polyuréthane.

joe-colombo, additional living, 1967
joe-colombo, additional living, 1967, ©theredlist.com

Joe Colombo est également l’auteur de la série de verres Smoke, qui surprend  par l’originalité de son design. La forme inattendue du pied permet de tenir avec la même main  une cigarette et un verre, d’où son nom Smoke.  Réalisé en cristal soufflé à la bouche et travaillé à la main, la forme cylindrique du contenant créé une harmonie parfaite avec le pied du verre, qui s’attrape  seulement avec le pouce. Smoke est devenu l’un des classiques de la maison Arnolfo di Cambio et est disponible sur le site COD.

joe Colombo, tabouret birillo, 1960-70
joe Colombo, tabouret birillo, 1960-70, ©gazette-art.com
joe colombo, birillo-dining-set, 1970
joe colombo, birillo-dining-set, 1970, artvalue.com

La série Birillo, qui comprend un fauteuil, un tabouret et une table, tire son nom du terme italien « birillo » qui désigne un tabouret de bar. Comme ils ont été conçus pour les bureaux et les bars, ces meubles dissimulent des roulettes sous leur base  et le siège revient automatiquement en position normale. Le chassis est en tube d’acier et acier chromé, le siège et le dosseret en cuir rembourré, la base en fibre de verre.

Joe colombo, fauteuil Birillo, 1970
Joe colombo, fauteuil Birillo, 1970,©theredlist.com
joe colombo, chariot bobby,1969
joe colombo, chariot bobby,1969, ©blog-cdesignbordeaux.com

Le chariot Bobby a été créé en 1969, bon exemple des recherches de Joe Colombo sur le mobilier modulable. Fabriqué initialement par Bieffeplast, société italienne spécialisée dans le plastique, il est aujourd’hui encore édité par la société B Line, et est surtout employé dans des bureaux, notamment d’ar-
chitectes, Colombo ayant prévu un casier pour permettre le rangement de plans roulés ou en tubes. Bobby existe dans différentes versions avec deux tailles disponibles. Le Moma de NY l’a intégré dans sa collection permanente et le centre Pompidou en possède également un exemplaire.

Il créera un réveil en 1970 pour Alessi.

Joe Colombo, réveil, 1970, Alessi.
Joe Colombo, réveil, 1970, Alessi, ©tribu-design.com

C’est en 1970 que Joe Colombo crée son siège le plus connu, le fameux  fauteuil Tube, dont les éléments peuvent s’assembler selon plusieurs combinaisons. Vendu dans un sac, le Tube fut l’un des premiers exemples de meuble qui pouvait pratiquement se vendre en linéaire. Les cylindres, semi rigides, sont en « archipiuma » laqué, rembourré de mousse de polyuréthane recouverte de tissu ou cuir et les joints en acier et caoutchouc.

Joe Colombo,Tube Chair, 1969
Joe Colombo,Tube Chair, 1969, ©frenchmagazine.com
joe colombo, MULTICHAIR, 1970
joe colombo, MULTICHAIR, 1970, ©arredativo.com

La même année, il crée la Multi Chair, composée de deux éléments rembourrés en mousse de polyuréthane recouverte de tissu stretch qui peuvent s’utiliser séparément ou ensemble. Réunis par des crochets en métal ou en cuir, ils offrent de multiples possibilités de configuration.

Joe Colombo, Multichair, mode d'emploi, 1970
Joe Colombo, Multichair, mode d’emploi, 1970, ©arredativo.com

Une fois encore Joe Colombo a recherché la multifonctionnalité et l’adaptabilité  pour penser ce modèle.

Joe Colombo, visiona 1, 1969, habitat du futur
Joe Colombo, visiona 1, 1969, habitat du futur, ©DR

A la fin des années 60, Joe Colombo  s’est consacré à la création de « cellules d’habita-
tion », tendant  vers l’ idée que » l’habitat doit se penser à partir du design et non subir les formes hiérarchiques de l’architecture ». 

Ceci l’amena à concevoir des unités

Joe colombo, visiona 1, 1969
Joe colombo, visiona 1, 1969, ©journaldesfemmes.com

modulaires correspondant aux différents besoins humains. Il développera cette idée de « cellule d’habitation » autonome avec Visiona 1 (1969)

joe colombo, total furnishing unit, 1971, cellule cuisine
joe colombo, total furnishing unit, 1971, cellule cuisine, ©designboom.com

et Total Furnishing Unit (1971) qui visent à offrir une réponse à l’ensemble des besoins de l’individu .

joe colombo, total furnishin unit, 1971
joe colombo, total furnishin unit, 1971© journal des femmes.com

Ces unité modulaires ont été créées par Joe Colombo en 1971, l’année de sa mort, pour l’exposition Italy : The New Domestic Landscape au Museum of Modern Art de New York.

Sa mort prématurée, à l’âge de 41 ans, met fin à sa carrière.

 

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