designer M. Newson, Lockheed chair

Portraits de designers

Portraits de designers est un dvd édité par Arte en 2007.

Sept films documentaires réalisées entre 2004 et 2006  présentent une sélection de portraits d’artistes contemporains.

portraits de designers
Arte éditions, 2007

Chaque film commence par un bref aperçu biographique, puis le designer ouvre son espace privé ou de travail au réalisateur et s’exprime  sur sa démarche, ses choix, le processus de fabrication de ses oeuvres, ses innovations. Le format des films, 26 mn environ, est un peu court, mais constitue une bonne introduction à quelques  designers du XXème siècle.

Werner Aisslinger, réalisation Grégory Hopf, 2006

Connu principalement pour son loft cube,

portrait designer, Aisslinger
W.Aisslinger, loft cube Photos : Steffen Janicke, Martin Kunze

habitation prévue pour être installée sur les toits,et la « soft cell « , chaise exposée au Vitra design  Museum, Aisslinger est un designer et architecte berlinois.

designer Aisslinger
W.Aisslinger, Soft cell ©gopixpic.com

Au salon du design de Milan en  2011, il présentera la « hemp chair »(chaise de chanvre).  La Hemp chair est une chaise monobloc  conçue à base de fibres naturelles traitées sous la chaleur avec une colle écologique et donc constituée d’une matière composite durable.

portrait designers, Aisslinger
W. Aisslinger, hemp chair,©ganzomag.com

Le designer apparaît comme un expérimentateur de nouvelles matières, un novateur dans les formes et un chercheur infatigable.

Ron Arad, réalisation Judith du Pasquier, 2005

Tout à fait passionnant, ce documentaire montre Ron Arad en pleine création, son processus personnel de recherche, l’aide et l’apport de ses collaborateurs dans l’organisation d’une exposition ou la création d’un meuble.  Témoins du processus de fabrication d’une oeuvre,  on assiste à son élaboration et l’on prend conscience de la complexité du travail sur la forme et la  matière. Génial artisan, autant qu’amoureux exigeant des détails, Ron Arad se montre à travers le savoir-faire de son équipe, donnant la parole aux autres. Chacun apparaît comme un chainon essentiel au long processus de création. Ron Arad parle également de son métier d’architecte en le différenciant de celui de designer qu’il préfère manifestement pour le moins grand nombre de contraintes qu’il implique. « Je ne suis pas un homme de discipline » affirme-t-il « et « je ne sais pas faire les choses dans les règles ». On  se surprend à réfléchir sur l’une de ses phrases : « la droite est la plus courte courbe entre deux points » et l’on sourit à l’humour tendre qui effleure parfois ses commentaires. Un documentaire riche et précis dont on regrette vraiment la brièveté. Pour des images de son oeuvre, voir l’ article, Ron Arad, designer, architecte et artiste.

Ronan et Erwan Bouroulec, réalisation Jérôme de Missolz, 2004

Les deux designers collaborent »non dans le consensus mais dans la confrontation »et

designer Bouroullec, Algues ©deco-design.biz
Bouroullec, Algues,©deco-design.biz

situent leur travail en dehors de l’industrie (grand nombre d’exemplaires) et de l’art( » qui a un langage qui serait terminé déjà à l’intérieur de la pièce,…, qui est rebouclée sur elle- même ») . Ils font du design  qui « propose plus qu’il ne déclare » et dont « on se sert ». « On  est des professionnels de pas grand chose » affirme l’un d’eux, avec un humour modeste, dont l’objectif est tout de même de faire travailler des artisans de haut vol et de faire des recherches sur les matières. Leur collaboration avec Vitra clôt le reportage.

Matali Crasset, réalisation Judith du Pasquier, 2004

Issue du marqueting, Matali Grasset se dirige très vite vers le design. Elle  travaille souvent  sur le rapport entre le naturel et l’artificiel, et met l’humain au coeur de ses projets, car « la forme n’est pas le moteur de développement du projet ».  Le design féminin, s’il existe, se caractérise pour elle par la praticité et l’organisation, d’où une fréquente recherche sur le modulable et la transformation qui permet de casser les codes et de  modifier ses repères.

designer matali Crasset, canapé modulable
Matali Crasset, Canapé modulable©déco.fr

Elle travaille « sur les rites domestiques »  et la « domestication de la technologie » et apparaît à ses interlocuteurs italiens comme une ingénieure plus qu’une styliste.

 

Marc Newson, réalisation Georges Guillot, 2004

Joallier à l’origine, Marc Newson n’a pas fait d’études de design. Il garde de cette formation, l’habitude de fabriquer ses prototypes lui-même et a créé des objets aussi différents que des montres, des chaussures,des tapis, des meubles, des poignées de porte, une voiture et des jets privés. Il estime ses réalisations « drôles » et puise son inspiration dans les décors qu’il a pu faire pour les films de Stanley Kubrick ou pour des James Bond.

designer M. Newson, Lockheed chair
Marc Newson, Lockheed chair© bornrich.com

Il a une véritable fascination pour l’espace et le vide, les courbes et la culture surf,  les formes fluides et organiques. Perfectionniste et obsessionnel, il aime frôler les limites du possible et se heurter à de nouveaux défis, même s’il reconnaît qu’un produit fini est la résultantes de nombreux compromis.

Denis Santachiara, réalisation Angela Ramboni, 2006

Autodidacte, construisant lui-même ses prototypes, parfois avant de les dessiner, Denis Santachiara travaille surtout le métal.Son atelier fabrique du design, mais il se partage également entre le design d’intérieur et de l’urban design, mobilier de ville. Le métal est son matériau de prédilection. Pour lui la fonctionnalité d’un objet n’est pas seulement ergonomique, mais également liée aux émotions, au monde sensoriel, et s’adresse aussi bien à l’esprit qu’au corps.

Designer D; santachiara, Swing chair
D.Santachiara, Swing chair©Shearyadi’s world

Ouvert aux nouvelles technologies et à l’expérimentation, il se considère comme un artisan chercheur, et veut faire vivre une expérience à travers le mouvement qu’il donne souvent à ses oeuvres, plus qu’il ne veut flatter le regard.  Le temps et l’espace participent de ses réalisations qui sont rarement statiques.

Patricia Urquiola, réalisation Georges Guillot, 2006

Designer espagnole, architecte de formation et designer industrielle, Patricia Urquiola a la volonté de garder la poésie initiale d’un objet tout en lui permettant d’être édité en série.

designer P;Urquiola, Antobody
Antibody, P. Urquiola,©VangViet.Com

Nombre des ses créations sont issues de souvenirs de jeunesse, d’objets qu’elle a côtoyés enfant ou qui l’ont accompagnée dans son quotidien. Sa capacité à se mouvoir dans différents style rend ses oeuvres assez éclectiques, dont le seul point commun est le lien avec son histoire personnelle.